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Ebert

Du 19 au 21 avril 2017: environ 90 femmes du secteur informel dans la division Wouri de la région du Littoral du Cameroun ont approfondi leurs connaissances sur le système de sécurité sociale au Cameroun. En provenance de 3 conseils, elles ont été formées, sur les structures, la législation et les procédures de sécurité sociale au Cameroun. Tout en accueillant cette opportunité par la FES et l'ONG Un Monde Avenir, les femmes ont exhorté le gouvernement et la Caisse d'assurance sociale à informer et sensibiliser davantage les populations de proximité sur la sécurité sociale, décentraliser les services d'assurance sociale, réduire la durée de 15 ans de contribution au régime de l'assurance sociale, équivalant aux régimes volontaires et involontaires pour couvrir l'allocation familiale, les risques professionnels ainsi que la pension vieillesse, les incapacités et le décès. Cette suggestion permettrait d'écarter la discrimination qui laisse le secteur informel uniquement au régime de pension de vieillesse, de handicap et de décès. Les femmes ont également  exhorté le gouvernement à élargir la sécurité sociale à la protection sociale, à lutter  contre le chômage qui s'élève à environ 33% au Cameroun et à fournir une couverture médicale complète pour tous, étant donné que les établissements et services de santé sont inaccessibles et très coûteux pour la majorité des camerounais. Elles ont appelé le gouvernement à s’inspirer du système d'assurance maladie des pays voisins d'Afrique centrale comme le Gabon et d'autres pays africains comme le Ghana.


Après que quelques femmes l’aient réclamé, certains travailleurs du secteur informel comme les «cyclomoteurs» se sont réunis dans un syndicat et sont maintenant affiliés au Fonds d'assurance sociale. C'est une initiative louable et inspirante pour d'autres secteurs informels. Elles pourraient le faire par des consultations, par des alliances avec d'autres syndicats ou par la création de leurs propres syndicats.

L'affiliation du secteur informel à la caisse d'assurance sociale est une réponse au décret du Premier ministre de 2014 qui a étendu la sécurité sociale au secteur informel qui contribue à hauteur 51% à l'économie camerounaise. Ce décret couvre malheureusement uniquement les pensions de vieillesse, les invalidités et le décès, et la seule structure responsable est la Caisse nationale de prévoyance sociale avec ses nombreuses insuffisances administratives. Ce régime d'assurance est volontaire et a pour base de calcul le salaire minimum de 36.270 FCFA qui ne correspond pas à la bourse de nombreux travailleurs. Pour bénéficier de ce régime, ils doivent contribuer pendant au moins 15 ans. En dépit de ces défis, ce décret a réalisé une affiliation d’une hauteur de 10% en 2012 à 20% en 2015.

Étonnamment, en 2017, sur 300 femmes échantillonnées par nn Monde Avenir dans 3 zones de conseils à Douala, 86% n'ont pas été couvertes, 73% ne savent pas que les services de sécurité sociale existent et 82% ne s'intéressent pas au régime d'assurance sociale. La plupart de ces femmes préféreraient les assurances privées, les coopératives et les autres régimes ou elles pourraient emprunter de l'argent en cas de difficultés, car la plupart d'entre elles sont des commerçantes, des coiffeuses, des couturières et donc, n’ont pas de revenu stable et certain.

Quoi qu'il en soit, la sécurité sociale et l'assurance sociale sont des droits de l'homme consacrés dans l'article 22 de la Déclaration universelle des droits de l'homme et renforcés par l'article 9 du pacte international de 1966 sur les droits économiques et culturels. Bien que le Cameroun soit signataire de ces grands textes, il est encore attendu au respect des plus bas niveau de sécurité sociale. Pire encore, il existe un ministère du travail et la sécurité sociale, mais qui peine à élaborer et mettre en oeuvre le régime de sécurité sociale.